"La gentillesse, c'est bon pour le moral." Sous ce titre, "Le Monde" du 26 décembre dernier a publié un article (de Martine Laronche) assez inattendu dans ce journal. Mais après tout, pourquoi pas ? On était, en effet, le lendemain de Noël.

Cet article, que je vous engage à lire en entier, démarrait ainsi : "Et si, en 2010, on tentait de cultiver une qualité un peu désuète, la gentillesse ? Encore faut-il réhabiliter cette notion souvent disqualifiée. On rabâche aux enfants d'être gentils mais une fois devenus adultes, on associe cette vertu à de la faiblesse, voire à de la bêtise...

... Par quelle métamorphose une qualité louée dans l'enfance devient-elle presque un défaut chez les adultes ? "Le temps est venu de changer radicalement la façon de concevoir la gentillesse, considère Stefan Einhorn, un cancérologue suédois, auteur d'un ouvrage sur le sujet. Nous avons tout à gagner à être bons envers ceux qui nous entourent et beaucoup à perdre à ne pas l'être, considère ce médecin devenu spécialiste de l'éthique. Je pense que la gentillesse est le facteur déterminant de notre degré de réussite."

"... Agnostique, ce médecin oncologue croit aux vertus de la bonté non pas par conviction religieuse mais par expérience personnelle et pour ses bienfaits. Pour convaincre les sceptiques, il met en avant les avantages qu'on en peut retirer. "Les études scientifiques ont montré qu'il existe plusieurs bénéfices à être gentil. Quand vous faites une bonne action, vous activez une zone liée au plaisir dans le système mésolimbique du cerveau, la même que celle qui est activée par les drogues, la bonne nourriture et le sexe, détaille Stefan Einhorn. Par ailleurs, les études montrent que la probabilité que des personnes fassent de bonnes actions envers vous et même envers les autres augmente si vous-mêmes en faites envers eux."

"...Des chercheurs vont jusqu'à affirmer que la gentillesse, probablement parce qu'elle diminue le stress, aurait des effets positifs sur la santé. Des travaux publiés en 2001 dans la revue Psychological Science affirment que pardonner est bon pour le coeur..."

Quelques réactions à cet article, dont quelques extraits sont ici en ligne, méritent d'être relevées :

"La gentillesse est la noblesse de l'intelligence" affirme Weber. Sartre nous dit aussi "seuls les gens intelligents sont gentils"!

"Pour ma part, j'en étais resté à Voltaire qui aurait dit que "la gentillesse, c'est le début de l'intelligence".

"C'est ce que le bouddhisme enseigne (et beaucoup plus) depuis 2500 ans ... rien de nouveau sous le soleil! Et ça marche même avec des inconnus à qui l'on sourit dans la rue ou souhaite de bonnes choses en pensées. Essayez, ça ne coûte rien et vous verrez par vous-même."

"Si je comprends bien les propos de l'auteur, être gentil dans notre société individualiste est en fait une nouvelle technique pour attirer à soi des avantages individuels (santé, retours sur investissements de la bonté qu'on a exprimée, etc.). Drôle de manière de mettre en avant ce sentiment qui devrait être spontané..."

La dernière a un côté assez potache : "Le cannabis rend gentil, aussi. Pourquoi ne pas le légaliser ?"